mercredi 15 juin 2016

Le secret de Wilkie Collins

Wilkie Collins, Le secret, Paris : Archipoche, 2012, 540 pages

Quatrième de couverture : En cette nuit d’août 1829, sur la côte déchiquetée des Cornouailles, la résidence d’été des Treverton n’est plus que silence et ténèbres. Le manoir tout entier est suspendu aux battements du coeur de la maîtresse de maison, qui rend bientôt son dernier souffle, laissant derrière elle un époux désespéré, une fillette en pleurs – Rosamond – et beaucoup de questions sans réponses.
Que contient, par exemple, cette mystérieuse lettre confiée par Mrs Treverton à sa femme de chambre Sarah, à charge pour elle de la remettre à son mari après sa mort ? Et quel terrible secret Sarah préfère-t-elle dissimuler dans la demeure familiale avant de s’éclipser, s’opposant ainsi aux dernières volontés de la défunte ? Avant de fuir le manoir, Sarah laisse toutefois une lettre pour Mr Treverton, dans laquelle elle admet l’existence d’un secret… sans en dévoiler la teneur. Secret suffisamment effroyable pour que, des années plus tard, la domestique brise le silence afin d’empêcher Rosamond Treverton de retourner sur les lieux de son enfance en quête de vérité, au risque d’y perdre son âme…

Rosamond Treverton, sur son lit de mort, demande à sa femme de chambre de rédiger une lettre qui révèle un secret. La jeune femme doit la transmettre au capitaine Treverton une fois sa maîtresse décédée. Or, Sarah Leeson se dérobe, cache le pli dans le manoir, s’enfuit pour disparaître. Quelques années plus tard la fille des Treverton (qui s’appelle elle aussi Rosamond) se marie avec Leonard dont le père a racheté le fameux manoir. A la naissance de son fils, Rosamond se voit attribuer, dans l'urgence, une nurse qui l’avertit de ne pas s'approcher de la chambre aux Myrtes dans le manoir de son enfance. Cet événement, au lieu de l'effrayer suscite, sa curiosité. Elle décide de mener l'enquête avec son mari. 

Il est facile de deviner la teneur du secret car Wilkie Collins distille des indices au fil des pages. Les personnages sont trop démonstratifs et parfois même tout simplement des caricatures. Le style de l’auteur est un peu désuet. Il y a quelques longueurs dans le récit.

Néanmoins, j’ai apprécié l’ambiance du château empreint d’un certain mystère et d’une touche gothique. Wilkie Collins donne un bon aperçu de la haute société au XIXème siècle en Angleterre, c’est un thème qui m’intéresse toujours. Les rapports sociaux entre les maîtres et leurs domestiques, les questions d'héritages sont également abordés.  

Le dénouement n’est pas très surprenant, il est un peu décevant. Ce n’est pas le meilleur roman de Wilkie Collins mais ce fut un plaisir de le relire pour le mois anglais 2016.

Livre lu dans le cadre de la Lecture Commune « auteurs victoriens » du mois anglais organisé par Lou et Cryssilda.



samedi 11 juin 2016

Polissonnes de Pierre Lunel

 Pierre Lunel, Polissonnes, Monaco : Editions du Rocher, 304 pages, 2016.

Quatrième de couverture : "Impératrices, reines, maîtresses, princesses, philosophes, écrivains célèbres, les polissonnes sont des femmes libres et audacieuses qui, en dépit du péril dans une société machiste, osent tout ! Comme Messaline, la putain impériale à l'appétit sexuel hors du commun, ou Agrippine l'empoisonneuse. En passant par l'extravagante Agnès Sorel, la sensuelle Marie Stuart, la collectionneuse Pauline Bonaparte, l'aventurière Karen Blixen, la magnétique Marlène Dietrich ou l'ambiguë Simone de Beauvoir… Tantôt séductrices, impulsives ou fines stratèges, toujours rebelles, elles prennent des risques et ont souvent été exilées, répudiées, rudoyées par la bien-pensance....." 

Ce livre est un ouvrage de vulgarisation plus qu’un ouvrage scientifique sur l’histoire des polissonnes. En effet, le style est très léger et souvent vulgaire. 

Jusqu'au chapitre consacré à Pauline la sœur de Napoléon, j'ai eu l'impression que l'auteur cherchait à faire sensation plus qu'à analyser l’attitude des polissonnes. Les anecdotes, les noms et les faits s'accumulent si bien qu'on s'y perd un peu. Ensuite, le style et le contenu évoluent. L'auteur semble être plus à l'aise avec les portraits suivants (à partir de la fin du XVIIIème siècle). 

Il est intéressant de voir la place de la femme dans la société qu'elle soit romaine, française ou italienne. Souvent, elles ont pour rôle de faire des héritiers, exceptées quelques rebelles qui prennent leur vie en main et qui s’amusent avec leurs amants.  

Le chapitre consacré à Agnès Sorel est trop expédié. Pierre Lunel se focalise uniquement sur son appétit sexuel et sa sensualité. J'ai été un peu déçue par ce chapitre. Dans le portrait de la nièce de Mazarin, l'auteur passe "du coq à l’âne". Il est alors difficile d’identifier qui est qui et quels sont les liens entre les personnes citées. 

Les chapitres sur Mary Stuart et Madame de Maintenon m’ont intéressé car ce sont des périodes et des personnages de l’histoire que j’apprécie. En revanche, je n'ai pas saisi l'intérêt de faire le portrait de certains hommes (notamment celui du régent Philippe et de Talleyrand), même s'il y a de nombreuses polissonnes qui gravitent autour de ces deux personnages masculins.

Finalement, les chapitres qui ont suscité mon intérêt sont ceux dédiés à Karen Blixen, Marlène Dietrich, Simone de Beauvoir et Lady Diana car sont les mieux écrits et les mieux documentés. 

Mon avis sur ce livre est donc plutôt mitigé.












vendredi 10 juin 2016

De toutes les couleurs d'Angela Huth

Angela Huth, De toutes les couleurs, Paris : Folio, 2006

Quatrième de couverture : "Isabel vient de fêter ses quarante ans. Ce n'est pas le désastre annoncé par son amie Carlotta. À peine une ponctuation dans la douce fuite des jours. Un mari, une fille, un atelier de confection de masques : la vie continue. Toutefois, Dan, le mari, lassé de son métier, ne vit plus que pour le théâtre. Il a connu un premier succès à Oxford et n'aime pas voir ses manuscrits refusés. Sylvie, la fille, a beau porter un regard affectueux sur le couple que forment ses parents, elle n'en est pas moins une adolescente en conflit ouvert avec sa mère et n'en fait qu'à sa tête. Quant à Bert, l'ami de jeunesse de Dan, de retour après avoir travaillé à New York, il n'est ni aveugle, ni sourd, ni muet vis-à-vis des femmes qui l'entourent. Et Carlotta, la bonne copine célibataire, qui cumule les aventures, éprouve un gros faible pour Dan."


J’ai lu il y a quelques temps Mentir n’est pas trahir du même auteur. Mes impressions sur ce roman sont similaires à cette première lecture. 

Cette fois, Anglea Huth fait intervenir six narrateurs qui expriment leur point de vue sur les mêmes faits mais qui évidement n’ont pas du tout la même impression, ce qui est parfois comique.

Dans ce petit univers, il y a Dan ; Isabel sa femme ; Sylvie leur fille ; Gilbert l’ami de Dan ; Carlotta l’amie d’Isabel et Gwen la femme de ménage. Dan et Isabel forment un couple solide mais leur petite routine va être ébranlée par Gilbert et Carlotta.  

Il y a quelques longueurs dans le récit. De plus, les rebondissements sont prévisibles. Ce n’est pas un roman qui me laissera un souvenir extraordinaire.



Livre lu pour la lecture commune Angela Huth pour le mois anglais organisé  Lou et Cryssilda.





jeudi 9 juin 2016

Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier

Daphné du Maurier, Ma cousine Rachel, Paris : Le livre de poche, 1981, 499 pages.

Présentation de l’éditeur : « Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie. Quand Ambroise lui écrira qu'il soupçonne sa femme de vouloir l'empoisonner, Philip le croira d'emblée. Ambroise mort, il jure de le venger. Sa cousine, cependant, n'a rien de la femme qu'imagine Philip. Il ne tarde pas à s'éprendre d'elle, à bâtir follement un plan d'avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar... »

J’ai lu ce roman avec Denis du blog «Au bonheur de Lire » vous pourrez lire son billet ici. Nous avons lu trois chapitres par jour, ce qui a permis de faire durer le suspens et surtout de partager son ressenti au fil du roman. Ce fut une bonne expérience que je souhaiterais renouveler à l'avenir. 

Philip vit avec son oncle Ambroise en Cornouailles dans un domaine agricole. Son oncle part en Italie pour se soigner. Il se marie alors avec une cousine  dénommée Rachel. Quelques mois plus tard, Philip reçoit une lettre alarmante d’Ambroise. Le jeune homme se rend immédiatement en Italie mais c’est trop tard son oncle est déjà mort et sa veuve n’est plus à Florence.

Philip a des doutes sur le rôle de Rachel dans la mort de son oncle. Il a du mal à accepter cette disparition et ne souhaite pas que sa cousine vienne en Angleterre. En effet, en tant qu’héritier, il est en position délicate face à la veuve. Néanmoins, Rachel va faire le déplacement en Angleterre et aller à la rencontre de son cousin. Quel est son objectif ? Quel sera l’avenir de Philip et du domaine ?

Daphné du Maurier nous propose une histoire qui se déroule en Angleterre a priori au XIXème siècle même si l’espace temporel n’est pas complètement défini. Seule chose dont on soit certain, ce sont les âges des protagonistes : Ambroise a 43 ans, Rachel 35 ans et Philip 24 ans. Dans les premiers chapitres Rachel et Philip ne se voient pas, l’auteur réussit à nous tenir en haleine sur cette mystérieuse cousine. Philip émet des hypothèses sur elle et il a un certain nombre de préjugés.

Finalement, Rachel débarque en Angleterre et Philip fait preuve d’un caractère très immature face à sa cousine qui s’avère être une manipulatrice. Son rapport à l’Italie et notamment à Florence est très négatif. Pour avoir visité la ville très récemment ce n’est pas du tout l’image qu’elle donne, peut-être que l’auteur n’appréciait pas cette ville d’où cette opposition entre l’Italie où tout est sombre et l’Angleterre qui a une dimension idyllique. Le regard de Philip sur les femmes est empreint  de préjugés plutôt misogynes.

De l’au-delà, Ambroise distille des indices qui devraient alerter Philip mais le jeune homme est complètement aveuglé par l’amour qu’il porte à Rachel. Malgré les avertissements de plus en plus insistants de son entourage Philip plonge complètement.  Le dénouement de l’histoire est tragique. Il est alors intéressant de relire le premier chapitre qui est très éclairant. C’est encore un très bon roman de Daphné du Maurier même s’il ne fait pas partie de mes préférés.

dans le cadre la Lecture Commune « Campagne anglaise » du mois anglais organisé par Lou et Cryssilda.





lundi 6 juin 2016

English Cherry Cake


Pour poursuivre la découverte de recettes anglaises, 
j'ai réalisé un English Cherry Cake.

Ingrédients
180 g de cerises confites 
275 g de farine
75 g d'amandes en poudre
1 sachet de levure
225 g de beurre
225 g de sucre
4 oeufs

Coupez les cerises en petits morceaux, rincez-les, puis séchez-les bien 
Pourquoi les sécher ? elles ne tombent dans le fond du gâteau si elles ne sont pas bien séchées. 
Malgré cela mes cerises sont quand même descendues...

Mélangez la farine, les amandes, la levure, le beurre ramolli, le sucre et les œufs.
Rajoutez délicatement les cerises à la pâte.
Laissez cuire 1 h 30 au four à 160°C.
Laissez refroidir un peu dans le moule ....


et voilà le résultat !





Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda